Historique

L’église Saint-Barnabé a été construite en 1951-1952 selon les plans de l’architecte Joseph-Armand Dutrisac. Son dernier curé, Yves Poulin, décédé en 2000, fut un personnage influent du quartier ayant notamment été le fondateur et le directeur du Centre culturel et sportif de l’Est de Montréal, rebaptisé CCSE Maisonneuve. Il a également participé à la création de la Dauphinelle, Boulot Vers, GCC la violence, les Enfants de l’espoir, Faites de la musique, Tourisme Hochelaga-Maisonneuve et MEMO. Curé de la paroisse St-Barnabé du début des années 1990 à 1999, il a mis sur pied le Fonds d’entraide St-Barnabé destiné à aider les plus démunis d’Hochelaga-Maisonneuve.

 

En 1990, les membres du comité de pastorale de la paroisse, conscients de l’appauvrissement tangible d’un nombre croissant d’habitants du quartier, se sont réunis pour chercher des solutions. Ils voulaient proposer une alternative qui viendrait compenser les limites de l’offre du dépannage de la Société Saint-Vincent de Paul.

D’un remue-méninge est sortie l’idée d’une épicerie qui permettrait d’acheter en gros et de revendre au prix coûtant. Une épicerie qui irait même chercher des produits invendables sur le marché en raison de leur imperfection. Jeannelle Bouffard, qui faisait partie du comité et qui allait diriger le CAP St-Barnabé pendant 23 ans, s’est penchée sur le principe de coopérative alimentaire pour assurer le plus bas coût des aliments. Une personne responsable pourrait gérer les stocks et assurer une stabilité dans l’approvisionnement. Une rencontre avec la Coalition sur l’alimentation et avec d’autres groupes d’Hochelaga-Maisonneuve a conforté le comité dans son initiative : l’idée répondait au  besoin du milieu.

Un premier conseil d’administration a rédigé des demandes officielles. Réal Ménard, qui travaillait à l’époque au bureau de Louise Harel, a travaillé à l’élaboration d’une charte avec Jeannelle Bouffard. Danielle Lamoureux, à la CDEST, avait encadré les demandes de développement à l’emploi car les premiers employés du CAP Saint-Barnabé sortaient de l’aide sociale. En août 1991, la charte était mise au point et une équipe d’employés, embauchée. L’épicerie était située en haut, et l’accueil, en bas. Des bénévoles de la paroisse ont contribué à l’installation des locaux et au démarrage.

Aider les gens en leur permettant d’être autonomes sur le plan alimentaire était donc l’objectif premier du CAP St-Barnabé : sortir du dépannage et avoir la fierté de s’acheter quelque chose. Ce n’était qu’un début. Les gens qui venaient faire leur épicerie avaient aussi besoin de parler. C’est à partir de ce constat que l’accueil a été développé. Des soupers communautaires se sont peu à peu organisés, d’abord pour quelque 25 personnes, réunions au cours desquelles le CAP faisait connaître les autres ressources du quartier pour donner des repères aux usagers. Un noyau de bénévoles préparait et servait ces repas.

Parallèlement, le CAP s’est intéressé au Magasin-Partage de Noël, qui correspondait à sa philosophie de prise en charge et de dignité de la personne, car les usagers contribuaient financièrement et même bénévolement à l’opération s’ils le souhaitaient. En 1992, le CAP a commencé par distribuer 25 paniers de Noël. C’était l’une des premières initiatives du genre à Montréal. Grâce au curé Poulin, le Magasin-Partage de Noël a rapidement pris de l’ampleur et n’a jamais cessé de grossir avec les années. 

Depuis le Magasin-Partage est sous l'égide du Regroupement Partage qui organise tous les Magasins de Montréal.

Quand le CAP s’est mis à faire du dépannage alimentaire, des gens plus vulnérables sont arrivés en grand nombre, plus vulnérables que les usagers qui fréquentaient l’épicerie communautaire. Le CLSC a alors guidé l’organisme dans sa pratique. Comment accueillir ces usagers ? La désinstitutionalisation a amené un nombre accru de personnes malades mentalement dans les organismes, à tel point qu’ils en éprouvaient de la difficulté à accomplir leur mission. Ce fut le cas pour Dopamine par exemple. C’est ainsi qu’est né l’accueil de soir au CAP St-Barnabé au début des années 2000, pour tenter de soulager les autres groupes communautaires.

Avant que l’église ne soit achetée par le CAP en 2004, le Fonds d’entraide Saint-Barnabé a été dissolu et intégré au CAP St-Barnabé.

Le CAP a gardé des postes de représentants des paroisses environnantes au conseil d’administration au nom de leur préoccupation de la situation des plus démunis. Thérèse Dufour représentait la paroisse Saint-Barnabé au conseil d’administration et agissait à titre de trésorière.

L’église a été en chantier pendant un an, sans que le CAP ne ferme ses portes pour autant. Les lieux ont pris en 2005 la forme qu’on leur connaît aujourd’hui. Des groupes communautaires ont loué certains espaces pour que le CAP puisse couvrir ses importants frais de chauffage.

L’expertise du CAP St-Barnabé en matière de soutien alimentaire a révélé que la situation des personnes seules était beaucoup plus dramatique que celle des familles. Elles avaient moins de prestations et se trouvaient en plus mauvaise santé mentale, souvent exploitées par des familles d’accueil peu scrupuleuses qui les dépouillaient de leur chèque d’aide sociale. D’où l’idée de la Maison L’Espérance, rue Adam, en 2005, qui offrait un hébergement temporaire à ces personnes le temps qu’elles trouvent à se loger, et qui soutenait également le projet de vie qu’elles voulaient entreprendre. Une psychologue a, dès le départ, encadré les interventions. En 2009, la Maison Viau a été ouverte pour les hommes. La Maison Sainte-Catherine, pour femmes, a été acquise en 2013.

Deux maisons de chambres qui font toujours partie du CAP St-Barnabé.

Avec les années, de plus en plus d’itinérants dormaient sur les bancs dans le quartier, d’où, en 2014, la naissance d’un projet pilote de refuge de nuit pour hommes et femmes. Le CLSC, Dopamine, Stella et L’Anonyme ont aussi porté l’initiative.

Le CAP St-Barnabé est, plus que jamais, socialement utile et enraciné dans sa communauté.

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